L’immortelle Barbara Cassin ne veut plus de l’éternel “global English”

L’immortelle Barbara Cassin ne veut plus de l’éternel “global English”

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Une nouvelle femme à l’Académie française, elle s’appelle Barbara Cassin. Cette philosophe, mais aussi philologue, s’est employée à défendre les langues et le plurilinguisme face à ce qu’elle appelle le “global English”. Celle qui fêtera son 72e anniversaire dans quelques jours, continue son combat selon sa devise “Plus d’une langue”.

C’est la neuvième femme seulement accueillie à l’Académie française depuis sa création en 1635. Barbara Cassin, défend à sa manière une autre femme, qui s’appelle la langue. Comme les femmes, la philologue considère qu’une langue ne doit pas rester à la maison. Elle explique, “nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même c’est-à-dire celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchil, deviennent de simples dialectes, à parler chez soi”.

Pour l’occasion, l’auteure de “l’éloge de la traduction” a bien sûr revêtu son habit vert traditionnel. Cependant, elle arbore aussi une épée high-tech, sur laquelle s’affiche en lettres lumineuses sa devise empruntée au sémiologue Jacques Derrida, “Plus d’une langue”. Elle en a profité, pour expliquer sa position “nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le global English, dont les principales œuvres sont les dossiers de demandes de subvention, ces soumissions que classeront des experts à haut niveau“.

Cependant, cette polyglotte récuse toute récupération nationaliste et toute hiérarchisation des langues au nom d’un soi-disant “génie supérieur”. Il s’agit, de défendre toutes les langues. A ce propos, Barbara Cassin a pris la défense des langues régionales. Elle répète, “on ne dira jamais assez l’importance, pour la France et pour le français, des langues parlées en France, toutes“. Elle plaide aussi, pour une langue suffisamment forte et riche pour que, ni elle ni le peuple qui la parle, soient tentés de se replier sur soi.

Elle soutient en citant le formidable Umberto Eco, “la langue de l’Europe et peut-être la langue du monde, c’est la traduction”.

Crédit photo : seryani

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