Manifestations au Liban, le Hezbollah n’est pas épargné

Manifestations au Liban, le Hezbollah n’est pas épargné

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La contestation ne faiblit pas au Liban, et toutes les composantes du pouvoir en place sont sur le gril. Certains sont résignés et espèrent que les manifestants vont se décourager, mais pour le puissant Hezbollah pro-iranien, cela suffit. Il faut dire, que les manifestants qui n’épargnent personne, ont osé s’en prendre à leur leader intouchable Hassan Nasrallah. Ils l’ont mis dans le même sac, que l’ensemble de la classe politique accusée de corruption.

Du coup, la situation s’est clairement tendue à certains endroits stratégiques des manifestations. De nombreux barrages, ont été attaqués par des militants du Hezbollah, qui arrivent le plus souvent à moto. Certains n’ont pas été réinstallés par les manifestants. Par contre, le principal axe routier reliant la capitale Beyrouth, au reste du pays est toujours barré par de grandes bâches bleues.

Visiblement, le Hezbollah est inquiet de la tournure des événements et ne souhaite pas un bouleversement d’une situation qui mettrait en péril leur propre position et leur crédibilité, et surtout celle de leur leader Hassan Nasrallah. Celui-ci, se retrouve au milieu d’une classe politique, quasi-inchangée depuis 30 ans, et accusée d’être une des plus corrompues de la planète depuis cette époque. Tout ceci sur fond d’un Etat en pleine déliquescence.

De fait, Hassan Nasrallah, dont le mouvement fait partie de la coalition gouvernementale, a écarté tout chamboulement institutionnel. Or, c’est une des revendications phares des manifestants. Il a mis en garde tout le monde contre les risques de “chaos” et d’un “effondrement économique” en cas de poursuite de ce mouvement d’une ampleur inédite. Hassan Nasrallah, a lancé un appel au calme à ses fidèles, qui ont aussitôt déserté la manifestation de Beyrouth, une preuve de son autorité, qu’il n’entend pas être contestée.

Certains, ont donc basculé dans la contre-manifestation, et des dizaines de membres du Hezbollah se sont aussi rués sur les manifestants rassemblés au cœur de Beyrouth. Hilal Khachan, un professeur de sciences politiques interrogé par le journal L’Orient-Le Jour, explique “le Hezbollah me paraît extrêmement inquiet. Il envoie un double message appelant la rue à la prudence tout en rappelant de manière claire qu’il reste la partie la plus puissante dans l’équation interne”.

Ce sera difficile pour le Hezbollah de se maintenir hors de la vague qui secoue le pays. A Tripoli, à Beyrouth, ou dans le Sud, les slogans sont restés inchangés depuis dix jours. Ils font des cadeaux à personne, et déclarent, “tous, cela veut dire tous !”, le peuple veut la chute du régime“. Au bout du compte, seule l’armée semble échapper à la défiance de la population, elle pourrait jouer un rôle central dans les prochains jours.

Crédit photo : brian wertheim

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