Connaissez-vous Edward Bernays, un des pères de la manipulation de masse ?

Connaissez-vous Edward Bernays, un des pères de la manipulation de masse ?

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Avec de nouvelles technologies, qui interagissent de plus en plus dans notre vie privée, l’inquiétude grandit autour de notre liberté de choix. Des mots, comme conditionnement, persuasion de masse, manipulation, reviennent régulièrement. Si tout cela apparaît d’actualités, certains principes ont été élaborés, il y a déjà de nombreuses années. Parmi ses précurseurs, il y a le très discret, Edward Bernays.

Comme hélas trop souvent, les progrès en la matière ne sont pas dus à des circonstances et des buts vraiment bénéfiques et louables. Les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle, au mieux pour nous faire consommer plus, mais surtout pour endiguer la grogne sociale, comme par exemple les révoltes ouvrières, ou retourner l’avis de la population sur un sujet.

Ce fut le cas, pour amener les Américains à accepter de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Jusqu’ici, le pays n’est pas vraiment pacifiste, mais furieusement isolationniste. C’est ce moment-là, que s’est discrètement révélé dans les coulisses, un certain Edward Bernays, qui est mort en 1995 à l’âge canonique de 104 ans. C’est dire, s’il a participé largement à l’essor des Etats-Unis et “l’américan Ways of life”. Ce neveu de Sigmund Freud, est l’un des inventeurs du marketing, et il en fut l’un des principaux théoriciens. C’est lui, qui a écrit un des manifestes de référence en la matière, intitulée de manière significative “Propaganda”.

C’est pour cela, qu’Edward Bernays, n’est pas vraiment connu du grand public, mais par contre, il est dans le panthéon des cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle du magazine Life.

C’est évidemment en se basant sur les découvertes de son oncle, qu’Edward Bernays a mis en pratique ces principes. Ceux-ci reposent sur le fait que pour lui, une foule ne raisonne pas, autrement dit, ce sont les pulsions inconscientes qui dominent les actions. C’est donc à elle, qu’il faut s’adresser pour mieux vendre des produits grâce à des publicités ciblées sur les émotions.

Ces principes simples, sont aussi valables pour d’autres domaines comme la politique et la propagande d’Etat. C’est pour cela, que l’on va retrouver l’influence d’Edward Bernays, dans le fameux petit-déjeuner américain, à base d’œufs au plat ou brouillés et lard. Cette campagne sera menée par une compagnie agroalimentaire Bernays, et relayée par 4 000 médecins qui feront cette recommandation à leurs patients.

Il n’hésite pas à mettre fin aux fumoirs réservés aux hommes et à l’interdiction faite aux femmes de fumer, sous prétexte de connotations sexuelles de l’acte. Il met au point, ce qui peut paraître comme une avancée féministe, des méthodes d’incitation à la consommation pour des firmes comme Lucky Stryke. Fumer devient alors une affirmation d’indépendance, d’émancipation et de liberté.

Plus tard, sans états d’âme, au début des années 1960, il participe à des campagnes de prévention anti-tabac.

En 1939, il fait partie de la promotion de l’Exposition Universelle de New-York, qu’il nomme Democracity. Ce mot est assez loin de ces préoccupations quand l’activité propagandiste de Bernays se fait en faveur de la multinationale United fruit Compagny, devenue la Chiquita Brands compagny. Cette propagande fera passer Jacobo Arbenz Guzman, pour un dangereux communiste et elle réussira en 1954 à obtenir son renversement.

Un de ses plus fervents admirateurs ne sera autre que Joseph Goebbels, qui s’est largement inspiré de ses recherches.

Crédit photo : Trending Topics 2019

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