Les difficultés de l’île de Komodo en prise avec le tourisme

Les difficultés de l’île de Komodo en prise avec le tourisme

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Le gouvernement indonésien voulait interdire la visite de l’île, afin de protéger ses célèbres dragons de Komodo des touristes. Cependant, ce même gouvernement décide finalement de faire un peu, machine arrière.

Aux grands maux, les grands remèdes, c’est certainement dit le gouvernement indonésien en juillet dernier. Celui-ci, a annoncé que l’île de Komodo serait fermée aux touristes à partir de janvier 2020, pour une durée d’un an. Il faut en effet protéger les animaux, qui sont l’attraction locale, à savoir les dragons de Komodo, des méfaits et des dangers que représente le tourisme de masse.

Il faut dire, que les conditions de visites du Parc national où ils vivent, ont bien changé. Le nombre de visiteurs est passé de 80 000 en 2014 à 170 000 en 2018. On ne peut donc plus mener les choses de la même manière, et l’impact de cet afflux de personnes n’est pas sans conséquence.

GEO Achmad Ariefiandy, membre de la commission sur les dragons de Komodo de l’Union internationale pour la conservation de la nature, explique, “le contact avec l’homme peut provoquer un changement de comportement chez le varan et aurait des effets sur sa reproduction”. Aujourd’hui, le dragon de Komodo, figure même sur la liste rouge des espèces menacées.

Du coup, la menace touristique alliée à celle des trafiquants, a fait envisager la fermeture et la mise sous surveillance de l’île. Cependant, cette mesure extrême ne serait pas mise en application. Toujours selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, le tourisme de masse ne présenterait en fait aucun danger pour les animaux. Ce sont 1 727 individus qui peuplent l’île, “et leur population entre 2002 et 2019 est relativement stable, a-t-elle déclaré à Reuters, “il n’y a pas de menace de déclin”. De plus, inutile de dire que la décision de fermer le site pendant un an ne faisait pas la joie de tous ceux qui vivent sur l’île, principalement du tourisme. Ils craignaient de perdre leurs revenus ou de devoir quitter leur maison.

A ce sujet, en 2018, Viktor Bungtilu Laiskodat, gouverneur de Nusa Tenggara Est, avait proposé de faire passer le droit de visite du parc à 500 dollars avec ce commentaire, “seules les personnes ayant les poches pleines sont autorisées à voir les dragons de Komodo, ceux qui n’ont pas l’argent ne devraient pas visiter le parc, car il s’adresse spécifiquement à des personnes extraordinaires”. Inutile de dire, que le tourisme qui aurait pu se mettre en place n’aurait pas concerné les petits marchands qui auraient été dégagés, pour permettre la construction de nouvelles infrastructures touristiques.

Fort heureusement, nous en sommes pas là, cependant, la ministre a précisé que des changements allaient quand même intervenir. Un nouveau centre de recherche sur le dragon de Komodo devrait par exemple ouvrir dans le parc.

Crédit photo : Melanie Beuf

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