Le Maroc anticipe le Brexit et essaye d’en tirer profit

Le Maroc anticipe le Brexit et essaye d’en tirer profit

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Le Brexit, n’a pas que des conséquences sur le continent européen. Bien d’autres pays, peuvent être impactés par la mise en place d’un Brexit dur, c’est-à-dire sans accord avec l’UE. Les pays africains notamment, suivent de près la tournure des événements, parmi eux le Maroc, qui pourrait faire partie des grands perdants de cette histoire.

C’est pour cela, que le Maroc est le deuxième pays africain à avoir signé en octobre dernier, un accord d’association post-Brexit avec le Royaume-Uni. Ainsi, le pays anticipe les problèmes en assurant la continuité de la coopération bilatérale. C’est un rapport de la CNUCED, qui a servi de base à cette décision. Pour rappel, la CNUCED, autrement dit la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, est un organe qui vise à intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale de façon à favoriser leur essor. Elle émane directement de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le Maroc, a donc emboîté le pas à la Tunisie, pour consolider ses liens avec le Royaume-Uni, deux mois avant la date butoir de la sortie de l’Union européenne. Pour consolider et peaufiner ce nouvel accord, le Club marocain d’études en relations internationales (CMECI), a organisé hier à Rabat, une table ronde pour aborder les aspects à la fois diplomatiques, juridiques et économiques.

Les enjeux sont importants, car le Royaume-Uni est devenu le 7e client et le 11e fournisseur du Maroc dans le cadre de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne (UE). Au total, les échanges commerciaux représentent 18,3 milliards de dirhams en 2018, dont près de 8 milliards d’exportations marocaines. Les Marocains fournissent des agrumes et des produits de la pêche. Côté britannique, on fournit du blé et du fromage, sans oublier que les investisseurs britanniques sont particulièrement présents dans des secteurs comme l’immobilier.

De fait, il apparaît impossible que le Maroc ne prenne pas un minimum de précautions, car les chances d’un accord Royaume-Uni/Union européenne (UE) s’amenuisent de jour en jour. Fathallah Sijilmassi, docteur en économie et ex-ambassadeur du Maroc en France, explique “cet accord est l’assurance que les deux parties s’inscriront dans la continuité”. Le pays pourrait même en tirer partie de cette nouvelle conjecture. Abdelmalek Alaoui, président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) et CEO de Guepard Group, assure que le Maroc dispose des “éléments qui lui permettraient de transformer le Brexit en opportunité”.

Le Royaume-Uni, pourrait voir dans le Maroc un allié précieux pour affirmer sa présence en Afrique. De son côté, c’est une porte qui peut s’ouvrir pour le Maroc en direction de l’Afrique anglophone.

Crédit photo : Tryfon
 

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