Dans le Doubs, les aléas et les problèmes du plein-emploi

Dans le Doubs, les aléas et les problèmes du plein-emploi

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A priori, à Houtaud, près de Pontarlier, sur le front de l’emploi, les choses se passent bien. Le chômage a baissé, et c’est en général une bonne nouvelle. De fait, un nouveau souci apparaît, car certains commerces ont du mal à recruter. La cause est simple, il s’agit de la proximité de la Suisse, qui attire de nombreux travailleurs français, grâce à des salaires attractifs.

C’est un phénomène que connaissent bien les régions situées à proximité de pays attractifs, comme la Suisse ou le Luxembourg. De nombreux emplois ne trouvent pas preneurs, car leurs conditions ou les salaires apparaissent peu engageants à comparaison de ce que l’on trouve de l’autre côté de la frontière. A Houtaud, près de Pontarlier, le Burger King fait partie de ces commerces, même l’intervention du maire de la petite ville n’y a rien changé.

Il est évident, qu’un métier comme celui de serveur est en première ligne. A fonction égale, il apparaît nettement plus rémunérateur chez nos amis helvètes. Du coup, beaucoup de personnes deviennent des frontaliers et font plus de kilomètres pour un meilleur salaire. Jean-François Ligier, le maire d’Houtaud, explique une situation, qui peut paraître enviable pour d’autres communes. “Cette année encore, le chômage a baissé dans la commune, on est passé en un an d’un taux de 6,10 % à 5,90 %. Nous sommes tout près du plein-emploi”. Cela vient du fait qu’en plus de cette concurrence helvétique au niveau de l’emploi, la ville abrite la deuxième zone commerciale de France la plus importante par habitant. En effet, une suractivité amène la ville de 30 000 habitants à avoir une zone équivalente à 130 000 habitants. Elle est due aux hauts salaires des travailleurs frontaliers. A cela, il faut rajouter la venue en grand nombre de consommateurs suisses.

Pour en revenir à nos enseignes de restauration rapide, le McDonald’s en est réduit à limiter le nombre de bornes de commande disponibles, sur les dix normalement connectées. La cause n’est pas technique, mais humaine par manque de main-d’œuvre. Quant au Burger King, il cherchait à embaucher 80 personnes, sur la base de CDI de 30 heures au SMIC horaire. Il lui en manque encore près d’une trentaine.

Ces grandes enseignes, ont paré au plus pressé en faisant venir des personnes d’autres restaurants. Cependant, il faut compter que tout cela a un coût, car tous les salariés venus de l’extérieur verront leurs déplacements et leurs hébergements payés par l’entreprise. Bien sûr, ce qui arrive à ces grandes enseignes, touche aussi des petits commerces, qui n’ont pas les mêmes moyens.

Il reste, que de simples calculs ne favorisent pas la situation. Une personne ayant travaillé quelques années en Suisse, touche de bonnes indemnités, souvent plus importantes que les salaires proposés. Pour certains, c’est l’occasion d’en profiter un peu et d’attendre de meilleures opportunités.

Crédit photo : tauma

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