Nîmes : la colère monte dans le quartier de Pissevin

Nîmes : la colère monte dans le quartier de Pissevin

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Des coups de feu, des tirs de Kalachnikov, avec en prime des blessés. Il ne faudrait pas, que tout cela devienne une sorte de fatalité, sous prétexte que le quartier est celui de Pissevin. A Nîmes, les plus anciens savent que cela n’a jamais été vraiment facile à travers ces barres d’immeubles. Cependant, il ne convient pas, d’un côté de continuer à fermer les yeux et de l’autre, de crier très fort et s’indigner à bon compte. Depuis de nombreuses années, si les coupables sont désignés par contre les solutions attendent.

Loin des polémiques, des grandes déclarations et des indignations partisanes, il reste des habitants en colère. Ce quartier, est considéré comme l’un des plus pauvres de France, cependant, ce n’est pas une raison pour rester les bras croisés. Une centaine d’entre eux se sont réunis sur les lieux de la fusillade. Parmi ce rassemblement, c’est évidemment la colère et le désespoir qui dominent. Un sociologue ou une personne un peu avisée, vous dirait que c’est hélas le terreau dont on fait les pires choses.

A quoi bon jouer les surpris, à Pissevin, même les chiffres sont contre vous. 70 % des 13 000 habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage atteint 46 % et ce n’est pas vraiment nouveau. La ZUP, qui veut dire sans rire étouffé, zone à urbaniser en priorité a été créée en 1961. Tout était alors une question d’urgence, car à l’époque l’accueil de personnes n’était pas affaire de polémique sur le bien fondée ou non, mais bien d’assurer un minimum d’accueil, sans se soucier du futur puisqu’il s’agissait de faire vite. Il a fallu regrouper des populations attirées par la ville et le travail, mais aussi des rapatriés d’Afrique du Nord. Ensuite, ce seront des travailleurs immigrés souvent venus du même pays, que nos rapatriés venaient de quitter.

Un vrai mix détonnant à la base, dans 7 500 logements, des immeubles de six à 20 étages sur un kilomètre. L’essor économique global, a masqué durant un temps les problèmes, qui loin d’être traités, ont attendu leurs heures pour se rappeler à notre bon souvenir. Au fur et à mesure, ce quartier qui se dégrade, accueille évidemment ceux dont la situation personnelle se dégrade aussi. Ainsi, vous empilez année après année, des gens qui se débattent dans des situations compliquées, pour différentes raisons, dans des logements et un quartier de plus en plus difficile. Si l’on appelle un chat, un chat, on concentre des familles d’origine étrangère et de catégories socioprofessionnelles défavorisées dans des immeubles et un quartier laissé à leur disposition et surtout à l’abandon.

La suite est classique, et comme dans d’autres endroits, trafic, délinquance en tous genres, profitent par exemple, qu’il n’y ait même plus de commissariat dans le quartier. Par contre, les religieux les plus fanatiques prospèrent, car ils ont pour eux, de proposer une solution apparente, bien que trompeuse, pour échapper à cette délinquance et cette déliquescence ambiante.

Bien sûr, Pissevin est inclus dans un programme de rénovation urbaine financé à 50 % par l’Etat. Rappelons tout de même, que si ce sont les architectes qui ont créé les logements, le but et la vie de ce quartier sont de l’ordre des politiques et des autorités. Les architectes feront une nouvelle fois ce que l’on demande, à savoir une jolie rénovation. La vraie construction d’un quartier se fait aussi avec la présence renforcée de ce que l’Etat doit apporter à tous ces concitoyens, cela comprend des services de bases, et un minimum de sécurité.

Crédit photo : une vue sur nos vies

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