Braconnage dans les calanques, la justice frappe fort

Braconnage dans les calanques, la justice frappe fort

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Nous pourrions presque évoquer la notion de “délinquance écologique” à propos de ces 4 braconniers. Ils viennent d’être condamné à 385 000 euros de dommages et intérêts par un an après leur première condamnation. La justice leur reproche d’avoir chassé illégalement 4,5 tonnes de poissons et coquillages dans les calanques de Marseille. Cela constitue une première judiciaire en France en matière de préjudice écologique.

Cette fois, la justice n’a pas tremblée, en s’appuyant sur  l’article 1246 du Code civil, issu de la loi de 2016 pour la reconquête de la biodiversité, elle a frappée là ou ça fait mal, c’est a dire au porte-feuille. En plus, des dommages et intérêts. Elle a aussi accordé 20 000 euros de préjudice d’atteinte à la mission et 15.000 euros d’atteinte à l’image et à la réputation au Parc National des Calanques.

Il faut frapper les esprits pour éviter que cela ne devienne une sorte d’habitude sans réelle conséquence. Il est vrai qu’il apparaît dans ce genre d’affaire, un peu compliqué d’évaluer précisément le préjudice et par conséquent de définir une peine. Cependant, ce n’est pas une raison pour laisser faire. De fait, le tribunal de grande instance de Marseille, a voulu profiter de ce jugement pour affiner la notion de “préjudice écologique”. Celle-ci n’avait été retenue que dans deux affaires en France, de moindre ampleur.

L’occasion était belle, car les quatre braconniers s’étaient livrés à un trafic sans précédent. Durant, plus de quatre ans, ils ont chassé au harpon, de nuit, selon les estimations du parc, ce sont plus de 4,6 tonnes de dorades, mérous et autres poissons, 322 kilos de poulpe, et 16 800 douzaines d’oursins qui ont été prélevés et revendus.

À ce propos, le tribunal a reconnu que les écaillers et restaurateurs, clients de nos trafiquants, ne sont pas exempts de tous reproches. Ils sont été les grands bénéficiaires de ce braconnage. C’est pour cela que 5 d’entre eux ont été condamné à 3 000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral.

“Cette condamnation est un signal très fort, avec une vocation pédagogique pour tous les acteurs à Marseille”, s’est félicité l’avocat du parc, Me Sébastien Mabile.

Crédit photo : matthieu da cruz

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